« 5 minutes avec »Willis Drummond

 

Willis-Drummond Favoris by Lydia Destarac

Du rock, du vrai, du bon…Willis Drummond m’a accordé un peu de temps avant leur show au Zenith de Toulouse en première partie de Détroit…Milesker Willis Drummond!!

- C’est quoi votre histoire Willis Drummond? Comment tout ça est arrivé?

(Jurgi Ekiza – vocals, guitar)

« Le projet existe depuis plus de 10 ans maintenant. A la base on était un trio, Xan Bidegain (bass, vocals) et un autre batteur à l’époque. En 2007, on a sorti notre premier album, là on était en formation deux guitares/basse mais le batteur avait changé, c’est Felix Buff, qui est notre batteur actuel et on avait à l’époque un clavier et Rafa Rodrigo était venu en guest pour l’enregistrement. Ensuite le clavier a quitté le groupe et on a décidé de passer sur un format deux guitares/basse/batterie.

On est donc les mêmes membres depuis 2007 jusqu’à Mai 2014 (on a entre temps sorti quatre albums) où est rentré dans le groupe Joseba B. Lenoir, un guitariste qui a joué dans différents groupes et qui est assez connu au pays basque via ses projets solo. On a d’abord collaboré avec lui autour d’un projet de reprise de Neil Young pour un concert hommage à Bilbao. On a ensuite décidé de faire une tournée de 10 jours dans des lieux qui nous ont accueillis depuis le début du groupe avec ce nouveau format à 5.

Ca nous a vachement plu du coup on lui a proposé de rester dans le groupe à temps complet.

Y a donc pas mal de morceaux à trois guitares, ce qui peut paraître un peu lourd ou prétentieux mais en fait ça nous permet d’avoir un résultat plus élaboré et puissant, notamment en live. »

 

(Rafa Rodrigo – guitar, vocals)

« Avant de faire le projet de reprise de Neil Young, Joseba B. Lenoir avait quand même participé à notre album de 2012 pour quelques morceaux. »

 

- Et vous venez d’où au Pays Basque?

(Jurgi Ekiza – vocals, guitar)

« Xan et moi sommes bayonnais d’origine, Rafa est d’Irun,  Felix a grandi au Pays basque et habite maintenant en Pays basque Sud (espagnol). Joseba est aussi du Pays basque sud. On a des membres d’un peu partout au pays basque . On vit au jour le jour la non existence des frontières. »

 

- Pourquoi avoir choisi ce nom, Willis Drummond?

(Jurgi Ekiza – vocals, guitar)

« C’est le nom d’un personnage ; on voulait pas un nom en anglais type « The… » et on voulait pas non plus un nom basque pour pas avoir une étiquette. On voulait avant tout que les gens écoutent notre musique et jugent après et se rendent compte en écoutant que oui on chante en basque mais finalement c’est pas ça le plus important dans notre musique. Pour pas avoir de préjugé dans un sens ou dans l’autre vis-à-vis du groupe. »

 

- Du coup sur votre site, vous traduisez vos textes en français et en anglais, super démarche je trouve. Quels sont les messages que vous avez envie de faire passer?

(Jurgi Ekiza – vocals, guitar)

« Y a des textes assez personnels ou intimes, y a des textes plus réflectifs et une dimension sociale aussi puisqu’on est dans un milieu militant et cet aspect a toujours été important pour le groupe ; du coup on mélange un peu ces différents aspects. Dans le même morceau, on peut très bien mélanger les thématiques sociales et personnelles en essayant de donner bien sûr un côté poétique ou esthétique. Y a toujours quand même comme idée de provoquer une réflexion… »

 

- Et pour composer vos morceaux comment ça se passe?

(Rafa Rodrigo – guitar, vocals)

Ca dépend des morceaux ; parfois quelqu’un arrive avec une idée, un riff ou deux qui s’enchaîne et il faut tout faire autour ; parfois c’est des idées à la fois de basse et de guitare et parfois carrément tout le morceau. C’est clair qu’il y a des morceaux qui n’ont rien à voir entre le début de la compo et la fin à force de travail, retouche, on vire des trucs, on en rajoute…et à la fin c’est très différent de ce que c’était au début.

 

On n’a pas vraiment de « recette ». On avait plutôt tendance jusqu’à très récemment à mettre le chant en dernier ce qui amène une vraie richesse musicalement. On essaie depuis peu de démarrer par le chant et travailler les instrus autour ensuite. Musicalement comme pour la vie du groupe d’ailleurs on fonctionne vraiment ensemble y compris pour la compo des morceaux.

 

- Et cette date à l’Olympia à Paris comment ça s’est passé ?

(Rafa Rodrigo – guitar, vocals)

« Très bien, le public a très bien réagi, y a eu un moment décisif sur le troisième morceau, la lumière s’est allumée sur le public, jusque-là on ne le voyait pas, et là on voyait plein de sourires, de bras levés…A l’Olympia, c’était notre troisième date avec Détroit, on avait joué pour le première fois avec eux à Vienne au Théâtre Antique, je m’attendais à voir un public pas très captivé, juste en attente de voir Détroit et au final pas du tout. La connexion s’est faite assez facilement. Le public qui vient voir Détroit est ouvert et va rechercher une vraie énergie et échange ce qu’on essaie vraiment de transmettre dans tous nos concerts. »

 

- Ca doit vous amener pas mal de notoriété du coup?

(Rafa Rodrigo – guitar, vocals)

« C’est clair qu’avant de faire ce genre de date et jouer devant tous ces gens, il aurait fallu faire une quinzaine de tournées en France dans pas mal de petites salles. Là, tout d’un coup, tu joues devant beaucoup de monde, les retours sont positifs, on verra si dans l’avenir grâce à ces concerts on va avoir plus de possibilités de jouer en France. »

 

(Jurgi Ekiza – vocals, guitar)

« C’est clair que là on a joué à l’Olympia alors que notre dernière date à Paris en décembre dernier était à la Miroiterie, un squat historique qui a fermé depuis. Donc de passer de ça à l’Olympia c’est une énorme chance pour nous. On est super contents, on est du pays basque et on joue énormément chez nous dans de belles salles, des festivals et c’est vrai que c’est une énorme opportunité de pouvoir jouer en France en plus en première partie de Détroit qui est un groupe qu’on admire, avec en live une vrai esthétique en plus, devant un public qui est super ouvert. C’est une super expérience et si ça peut nous amener plus d’opportunités c’est que du bonus. »

 

- Et vos influences?

(Rafa Rodrigo – guitar, vocals)

« Personnellement, y a des groupes ou des morceaux que j’aimais quand j’étais ado, en même temps j’ai découvert les concerts, l’apprentissage de mon instrument. C’est clair que ça, ça reste et quand tu le réécoutes maintenant tu te dis que c’est sûr si tu l’avais découvert plus tard tu l’aurais appréhendé différemment ; y a des trucs que tu pardonnes ou que t’aurais jamais accepté mais les morceaux étaient là, c’est ce que t’as aimé. Y a des influences qui te marque c’est sur et en tant que guitariste et qui ont fait partie de ton apprentissage. »

 

(Jurgi Ekiza – vocals, guitar)

« Y a plusieurs époques qui nous ont marqué, ça dépend des membres du groupe, y a des valeurs communes et des groupes qu’on adore comme Fugazi, The Drones…

Plus que des groupes, c’est plutôt des scènes, comme celle de Seattle avec Pearl Jam, Nirvana que j’écoute encore à fond.

Y a des trucs plus rock n roll, Rafa écoute vachement Rory Gallagher, dans le pays basque on avait la scène de rock radical basque et après ce qui nous a influencé récemment c’est tout le rock australien avec des vieux groupes qui continuent à jouer comme The New Christs, les Radio Birdman, The Drones on est vachement tourné vers ça et Joseba le nouveau guitariste a vraiment une culture plus rock blues. »

 

- Et comment vous voyez la suite?

(Rafa Rodrigo – guitar, vocals)

« En fait le dernier album date de 2012, ensuite on a beaucoup tourné et cet été on a commencé à travailler des nouveaux morceaux pour un prochain album. On s’est quand même rendu compte qu’on avait besoin de repos donc on va faire une pause de décembre à février et ensuite on va reprendre… »

 

Pour en savoir plus et les suivre :

Willis Drummond Website

Willis Drummond Facebook

 

Willis Drummond a dédié son show a Toulouse à Rémi, à mon petit niveau je lui dédie cette interview…